Au cours des dernières décennies, le gouvernement marocain a cherché à élargir l’accès de ses citoyens à l’assurance maladie par le biais de deux programmes complémentaires, l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et le Régime d’Assistance Médicale (RAMED), qui couvrent respectivement les secteurs formel et informel. En 2022, l’AMO et le RAMED ont été fusionnés dans le système unifié de l’AMO et du RAMED. AMO-Tadamon qui permet à tous les bénéficiaires de recevoir des soins de santé dans des cliniques publiques et privées. Cette nouvelle réforme vise à réduire la charge des établissements de santé publique et à garantir l’égalité d’accès aux ressources de santé.
En 2002, seulement 17% de la population marocaine était couverte par une assurance maladie.1 Cette année-là, le gouvernement a entamé un processus de réforme du système de santé dans le but de parvenir à un système de santé universel. Le régime d’assurance maladie contributif du Maroc, Assurance Maladie Obligatoire (AMO), a été lancé en 2005 pour fournir des soins de santé uniquement aux employés des secteurs public et privé formels. L’AMO Régime d’Assistance Médicale (RAMED),2 lancé la même année, visait à couvrir les personnes travaillant dans le secteur informel. En 2022, le programme RAMED a pris fin et tous les bénéficiaires ont été transférés vers le nouveau programme AMO-Tadamon, le gouvernement cherchant à réaliser l’universalité des soins de santé dans le cadre d’un système unique. Le système unifié a été créé pour réduire la charge des hôpitaux publics et permettre à tous les bénéficiaires d’accéder au même niveau de soins.
Mise en œuvre
En 2002, la loi n° 65-00 a établi le droit à la santé pour tous et a assigné des tâches aux principales parties prenantes pour atteindre cet objectif. Elle est entrée en vigueur en août 2005, créant l’AMO et le RAMED. Le gouvernement a également mis en place une nouvelle structure administrative, l’Agence Nationale d’Assurance Maladie (L’ANAM est chargée d’assurer la régulation et le contrôle du système national d’assurance maladie, d’assurer la supervision technique du RAMED et de l’AMO et de veiller à ce que les programmes atteignent leurs objectifs. L’organisation est dirigée par un conseil, présidé par le Premier ministre et composé de représentants du gouvernement, des employeurs, des assurés et des organismes gérant les programmes d’assurance maladie. Il s’occupe des négociations entre la RAMED et l’AMO, les prestataires de soins et les fournisseurs médicaux, et évalue la capacité des programmes à atteindre les bénéficiaires ciblés. Pour mettre en place le mécanisme de financement, le gouvernement a créé un comité d’experts, présidé par le Premier ministre, chargé de formuler des recommandations et une approche de financement.
À l’origine, l’AMO offrait une couverture médicale complète aux personnes travaillant dans le secteur formel, couvrant, entre autres, l’accouchement, l’hospitalisation et les médicaments. Dans les cliniques privées, les bénéficiaires pouvaient être remboursés à hauteur de 70 % du prix de référence national pour leurs soins ; dans les cliniques et hôpitaux publics, les bénéficiaires pouvaient être remboursés à hauteur de 90 % du prix des services fournis. 3
El programa RAMED se diseñó para brindar seguro médico a quienes no forman parte del sector laboral formal, especialmente a las personas de bajos recursos, a las personas con discapacidad y a los adultos mayores. En el marco de este programa, los hogares con ingresos inferiores a 300 MAD (34 USD) por persona al mes (incluidos aquellos sin ingresos alguno) tenían derecho a un seguro médico gratuito. Les personnes dont le revenu mensuel par personne se situait entre 300 et 600 MAD (34 à 68 USD) remplissaient les conditions requises pour souscrire une assurance maladie adaptée à leurs revenus. Les personnes bénéficiant d’une prise en charge médicale subventionnée ou gratuite n’étaient pas soumises à des plafonds de couverture, mais ne pouvaient bénéficier de soins que dans les hôpitaux publics..4 Dans les premières années, ce système a suscité des inquiétudes quant à l’existence d’un système de soins de santé à deux vitesses.5 En outre, l’expansion du programme, sans augmentation correspondante des ressources des soins de santé publics, a entraîné une surcharge des hôpitaux publics.6
En 2022, pour alléger la charge qui pèse sur les établissements de santé publique, le gouvernement a lancé l’AMO-Tadamon une nouvelle plateforme qui fusionne les programmes RAMED et AMO existants en un seul. Les 11 millions de bénéficiaires du RAMED ont été transférés vers le nouveau régime consolidé et bénéficient désormais de la même couverture médicale que les personnes travaillant dans le secteur formel, mais ne sont pas tenus de cotiser. 7,8 Il est important de noter que ce nouveau programme permet aux patients de recevoir des soins dans des établissements de santé privés, au lieu de n’être autorisés qu’à utiliser les établissements publics. AMO-Tadamon est géré par la Caisse nationale de sécurité sociale, connue sous le nom de Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Dans le cadre du nouveau système, les salariés versent leurs cotisations au moyen d’un paiement unique et unifié, qui couvre les obligations fiscales, sociales et de santé, et qui est appelé « cotisation professionnelle unique ». Le montant des cotisations est calculé en fonction des revenus et varie entre 300 et 3 600 MAD (29 à 352 USD).9
Investissement
Morocco’s health insurance system is financed by a combination of employee and employer contributions and government financing. Les salariés du secteur formel cotisent entre 1 % et 4 % de leurs revenus, selon qu’ils bénéficient ou non d’une couverture d’assurance maladie privée.10 En 2022, le gouvernement a prévu un budget de 2,3 milliards de dollars américains pour les soins de santé.11
Plus récemment, en 2025, la Banque mondiale a approuvé un financement de 600 millions de dollars américains destiné à la troisième phase du programme « Renforcer le capital humain pour un Maroc résilient », visant à soutenir les progrès du Maroc vers la couverture sanitaire universelle, la modernisation de la prestation des services de santé et une répartition plus équitable du personnel de santé.12
L'évaluation
Au cours de ses six premiers mois d’existence en 2006, l’AMO a permis à 3,5 millions de Marocains de bénéficier pour la première fois d’une assurance maladie.13 Depuis la mise en place de ces programmes, le Maroc a connu une augmentation significative de la couverture sanitaire. Le pourcentage de la population bénéficiant d’une couverture d’assurance maladie est passé de 15 % en 2005 à environ 88 % en 2025, ce qui représente plus de 32 millions de bénéficiaires. À elle seule, l’AMO-Tadamon couvre actuellement près de 11 millions de bénéficiaires.14 Toutefois, en l’absence d’une amélioration correspondante des ressources de santé — en particulier dans les zones rurales — l’impact de ces réformes a été quelque peu limité.15 Les investissements récents dans le système de santé ont commencé à remédier à ces contraintes liées à l’offre. Le programme de réforme du système de santé axé sur les résultats, soutenu par la Banque mondiale, a permis de réhabiliter 200 établissements de soins de santé primaires entre janvier 2024 et décembre 2025 et a contribué à la formation de 10 500 infirmiers et techniciens de santé supplémentaires.16 De nombreux bénéficiaires ont fait état de difficultés d’accès aux soins hospitaliers et de taux élevés de paiements à leur charge. Reste à voir si la fusion de l’AMO et de la RAMED, qui permettra ainsi à tous les bénéficiaires d’accéder à des ressources de santé privées en plus des cliniques publiques, contribuera à atténuer certaines de ces difficultés.
Calculer le coût des soins de santé. ©Adobe Stock/Christian Delbert
Références
- 1. "Maroc's Health Insurance Scheme", Social Protection Toolbox, consulté le 29 août 2023, https://www.socialprotection-toolbox.org/practice/moroccos-health-insurance-scheme.
- 2. Kawtar Zahidi et al, "Universal Health Coverage in Morocco : Le moyen de réduire les inégalités : A Cross-Sectional Study", The Open Public Health Journal 15, (30 décembre 2022), http://dx.doi.org/10.2174/18749445-v15-e221226-2022-160.
- 3. Jennifer Prah Ruger et Daniel Kress. "Financement de la santé et réforme de l'assurance au Maroc", Health Affairs 26, no. 4 (2007) : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2898512/, 1009-1016.
- 4. pharmax AG, "Healthcare Market Access Morocco", Phamax, janvier 2015. https://www.phamax.ch/wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/02082016040729AMq_3.pdf.
- 5. Ruger et Kress, "Financement de la santé et réforme de l'assurance au Maroc".
- 6. " Rapport de l'évaluation Du Régime D'ASSISTANCE Médicale (RAMED), " ONDH, 2017, https://www.ondh.ma/fr/publications/rapport-de-levaluation-du-regime-dassistance-medicale-ramed.
- 7. "Les Bénéficiaires Du Ramed Basculent Vers l'AMO Dès Aujourd'hui", Le Matin, 1er décembre 2022, https://lematin.ma/express/2022/beneficiaires-ramed-basculent-lamo/383796.html.
- 8. Banque mondiale, "Additional Financing Appraisal Environmental and Social Review Summary Appraisal Stage (AF ESRS Appraisal Stage)", Banque mondiale, 2023, https://documents1.worldbank.org/curated/en/099041423143529636/pdf/P18074107d158f0e4090cf06976f3560430.pdf.
- 9. "Reforms in Africa to Extend Health Insurance Coverage", Association internationale de la sécurité sociale (AISS), 20 avril 2023, https://ww1.issa.int/analysis/reforms-africa-achieve-universal-health-coverage (Paywall).
- 10. Ruger et Kress, « Réforme du financement de la santé et de l'assurance maladie au Maroc ».
- 11. "Healthcare Resource Guide - Morocco, International Trade Administration, consulté le 30 août 2023, https://www.trade.gov/healthcare-resource-guide-morocco.
- 12. Communiqué de presse, « La Banque mondiale renforce son engagement en faveur du développement du capital humain au Maroc », Banque mondiale, 19 mars 2025, https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2025/03/19/world-bank-enhances-commitment-to-human-capital-development-in-morocco.
- 13. Ruger et Kress, « Réforme du financement de la santé et de l'assurance maladie au Maroc ».
- 14. Reino de Marruecos, «Generalización del AMO: más de 32 millones de beneficiarios en 2025», Maroc.ma, 2025, https://maroc.ma/fr/actualites/generalisation-de-lamo-plus-de-32-millions-de-beneficiaires-en-2025.
- 15. Mohamed Mahdaoui, and Najib Kissani, “Morocco’s Healthcare System: Achievements, Challenges, and Perspectives,” Cureus 15, no. 6 (June 29, 2023), https://www.cureus.com/articles/161644-moroccos-healthcare-system-achievements-challenges-and-perspectives#!/.
- 15. Results Brief, “Strengthening Health Systems in the Maghreb: Supporting Services and Reforms in Morocco and Tunisia,” World Bank, May 26, 2026, https://www.worldbank.org/en/results/2026/05/26/strengthening-health-systems-in-the-maghreb-supporting-services-and-reforms-in-morocco-and-tunisia.
- 16. Bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé pour la Méditerranée orientale, "Strengthening Health Financing Systems in the Eastern Mediterranean Region towards Universal Health Coverage : Atlas du financement de la santé 2018", Organisation mondiale de la santé, 2019, https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/325828/EMROPUB_2019_en_23536.pdf.